Chômage, Pauvreté, Précarité

Depuis au moins une dizaine d’années déjà, le chômage apparait dans le tiercé de tête des préoccupations des français.

Chaque gouvernement a sorti de son chapeau une formule magique qui devait enrayer le phénomène et tendre à retrouver le plein emploi.

Pour cela, nos gouvernants se penchaient vers nos voisins européens et en particulier le Royaume Uni et l’Allemagne dont la baisse des chiffres du chômage laissait rêveur.

Pourtant, que se cache-t-il réellement derrière cette préoccupation des français liée au chômage ?

Est-ce la perte du lien social ? La perte du statut de travailleur ? Le Sentiment d’inutilité ? En partie, oui. Mais de façon plus importante, il s’agit surtout de la crainte de la pauvreté et de la précarité qu’engendre la perte de son emploi.

Selon le sondage IFOP pour Atlantico du 09/07/2018, 55% des français craignent de tomber sous le seuil de pauvreté.

Or si on regarde de plus près le Royaume Uni et l’Allemagne, on se rend compte que la baisse du chômage ne s’est pas accompagnée, dans ces pays, d’une baisse de la pauvreté.

Si on regarde bien, la France, malgré ses chiffres de chômage, s’en sort même mieux que ses voisins.

L’équation : Lutte contre le chômage = Lutte contre la pauvreté est donc bien une fausse évidence
qu’on nous vend depuis des décennies.

Le modèle ultra libéral mis en place en Allemagne et au Royaume Uni ne nous prouvent qu’une chose : une baisse du chômage, si elle ne se fait qu’au profit de la rentabilité et des actionnaires des entreprises, ne résout pas la pauvreté.

En effet, elle ne fait qu’augmenter la précarité des travailleurs.

Si un demandeur d’emploi peut espérer sortir de la pauvreté en obtenant un emploi, quel espoir d’avenir peut avoir un salarié qui vit en dessous du seuil de pauvreté ?

En France, un millions de travailleurs vivent actuellement avec moins de 850€/mois (source : INSEE, observatoire des inégalités 04/09/18), notamment ceux qui travaillent à temps partiel ou alternent des périodes de travail précaires et de chômage.

A mesure que nous copions les modèles libéraux de nos voisins, à mesure que nous affaiblissons notre modèle social, nous augmentons le taux de pauvreté dans notre pays.

La France comptait 8.9 millions de pauvres selon les données 2016 de l’INSEE. Entre 2006 et 2016, le nombre de personnes concernées a augmenté de 820 000, soit 10 pour cent de plus.

Jusqu’à quand allons-nous laisser le gouvernement nous tirer des balles dans le pied ? Jusqu’à quand allons-nous laisser notre modèle social être détruit sous nos yeux sans réagir ?

Sous prétexte de faire baisser les chiffres du chômage, nous laissons la pauvreté et la précarité s’installer.

Mais le retour au plein emploi, s’il s’accompagne de l’appauvrissement et de la précarisation du plus grand nombre, est-il vraiment ce que nous souhaitons ?

Chômage, Pauvreté, Précarité, ne nous trompons pas de combat.

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